15.09.2011

Défense des Droits de l’Homme ou retour à l’ancienne politique colonialiste

            Depuis des années, les peuples opprimés des pays arabes s’opposent aux systèmes politiques sociaux en place dans leur pays. En général, les despotes au pouvoir dans ces pays sont soutenus et protégés par les pays impérialistes, car afin d’assurer leurs intérêts économiques, les grands pays capitalistes ont besoin de ces despotes marionnettes. Dans ces pays dictatoriaux, la plupart des organes militaires, les services des renseignements et de la bureaucratie sont organisés et structurés par les pays occidentaux et ainsi à chaque soulèvement populaire, les impérialistes arrivent à dévier les mouvements de protestation. Et ils nomment leurs éléments à la tête de ces mouvements. En réalité, ce sont les impérialistes qui sont de vrais obstacles pour l’instauration de la démocratie dans ces pays dictatoriaux.

            Les nouvelles vagues de protestation et d’insurrection dans les pays comme la Tunisie, l’Egypte et la Libye qui ont abouti aux renversements des régimes dictatoriaux n’étaient pas des révolutions mais des changements dans le cadre de la protection des intérêts du monde capitaliste.

            Ces changements ont été réalisés avec l’intervention directe des pays impérialistes comme les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume Unis, la France et leurs alliés. Grâce à ces changements, les puissances occidentales comme l’Amérique et l’Europe cherchent à restaurer de nouveau leurs influences et leurs autorités colonialistes qui avaient dans le passé. Autrefois, ils intervenaient directement dans les colonies au nom de leur empire. Aujourd’hui, par le biais de l’OTAN, la nomination des éléments arabes marionnettes et bien sûr la bénédiction de l’ONU, les pays impérialistes réalisent leurs projets colonialistes.

La dictature de Mouammar Kadhafi a été renversée par l’OTAN et non pas par le peuple libyen

            Les pays occidentaux n’ont pas encore tiré suffisamment de leçon de leurs interventions directes en Irak et en Afghanistan. Ils pensent qu’en occupant un pays riche comme la Libye, ils pourront régler une partie de leurs crises économiques et financières et aussi développer leurs influences politiques dans le monde. La nouvelle ingérence des impérialistes en Afrique du nord peut avoir des conséquences désastreuses pour la population africaine en général et pour les populations du moyen-Orient en particulier.

            Il est évident que sans la présence directe des conseillers de l’OTAN à Benghazi et les bombardements intensifs et sauvages des avions de l’OTAN, l’opposition libyenne ne pouvait jamais renverser le régime du colonel Kadhafi au cours de quelques mois. Bien que l’OTAN ait mené sa politique impérialiste pas à pas et elle a évité de parachuter ses forces terrestres pour éviter de tomber dans un bourbier comme en Irak ou en Afghanistan, mais cette politique ne peut en aucun cas cacher la nature interventionniste et criminelle de leur tactique.

            En apparence, l’OTAN n’a pas parachuté ses forces militaires terrestres en Libye. Mais elle a choisi une autre tactique. Une tactique qui à long terme aura les mêmes conséquences désastreuses pour la population locale qu’aujourd’hui constate le monde entier en Irak et en Afghanistan. Par contre de l’Irak et de l’Afghanistan où les Etats-Unis d’Amérique sont les meneurs de jeu, en Libye, afin de récupérer leurs positions perdues dans le monde, les impérialistes français et britannique ont pris un rôle plus actif. Les Français qui plus vite que les autres perdent leurs mémoires sur l’histoire ont déjà oublié les punitions qui ont subi suite à leurs interventions et à leurs ingérences en Algérie, au Madagascar, au Congo, au Vietnam et ….. Aujourd’hui, les Français suivent un magicien au nom de Nicolas Sarkozy qui rêve prendre la place de Napoléon. Ils sont inconscients. Il faut souligner qu’aujourd’hui, grâce au progrès inimaginable de la science, de la technologie et de la prise de conscience de la population des pays opprimés, les temps de ces sortes d’aventurismes sont expirés.

Les alliés de l’OTAN dans le renversement du régime du colonel Kadhafi

            À part les avions bombardiers de l’OTAN qui ont versé des dizaines de milliers de fois des bombes sur les villes contrôlées par les troupes de Kadhafi afin de montrer à la population que s’ils veulent encore rester en vie, ils doivent suivre l’exemple de Benghazi, des milliers de mercenaires arabes ont été expédiés par les pays réactionnaires arabes vers la Libye.

            Comme la France structure et forme les forces armées du Qatar et des Emirats Arabes Unis, à l’initiative des français, des milliers de soldats arabes ont été acheminés à Benghazi. Sur le casque de la plupart de ces soldats étaient écrits : « FREEDOM ». Il était complètement évident que ces casques étaient fabriqués longtemps avant la guerre en Libye. Il est flagrant que les militaires qui portaient ces casques n’étaient pas des Libyens et en plus, l’armée libyenne n’a jamais eu de pareils équipements.

Les occidentaux ont commis des crimes contre l’humanité afin d’empêcher des crimes contre l’humanité

            Au départ, les forces de l’OTAN ont choisi la ville de Benghazi comme le lieu de rassemblement des opposants et le point de départ pour la conquête de Tripoli. C’est depuis Benghazi que des centaines de fois par jour, les citoyens civils de Tripoli ont été massacrés par les bombardements des avions de l’OTAN afin qu’ils ne soient pas tués par Kadhafi et pour qu’ils obtiennent la « Liberté ». Dans ces conditions, quelle voie le peuple devait-il choisir face à une guerre inégale imposée à la population par les pays de l’OTAN ? Enfin la population a été obligée de céder et suivre l’exemple de Benghazi afin d’être sous la protection des « défenseurs des droits de l’homme ». Et ainsi, avant que le régime de Kadhafi soit renversé, les Français ont commencé le pillage du pétrole libyen.

Le pétrole libyen et la tentation des occidentaux

            En 2003, quand Condolezza Rice (le ministre des affaires étrangères américain) et le sénateur Libermann ont pris colonel Kadhafi dans les bras, ils l’ont présenté comme un bon ami. A l’époque, dans la pratique, Kadhafi a accepté de suivre les politiques néo-libérales et de s’entendre avec les compagnies pétrolières comme British Petrolium et quelques multinationales américaines. Suite à cette nouvelle politique de Kadhafi, tout le monde était content de lui, à tel point que les services des renseignements occidentaux ont extradé quelques opposants du régime libyen vers ce pays. À leur arrivée en Libye, ces opposants ont été emprisonnés, torturés et exécutés. Bien que l’occident ait apprécié la nouvelle politique de Kadhafi, mais il n’a jamais oublié ses « ingérences humanitaires » dans ce pays.

Les éléments de la CIA en Libye et leur formation pour la gestion de Libye de l’après-Kadhafi

            De temps en temps, suite aux différends entre les différents partis politiques dans les pays impérialistes, les journaux de ces pays révèlent une petite partie des réalités cachées. Comme exemple, nous citons l’article paru dans le journal Le Monde du 02.09.2011.

« MAHMOUD JIBRIL, LE DIPLOMATE EN CHEF

C'est lui qui, le 10 mars, à rebours des usages diplomatiques, annonçait sur le perron de l'Elysée que la France venait de reconnaître le Conseil national de transition (CNT). Après ce coup d'éclat, Mahmoud Jibril, un économiste de 59 ans, qui a étudié et travaillé aux Etats-Unis, a enchaîné les visites dans les chancelleries occidentales et les émirats du Golfe, pour récolter d'autres soutiens, politiques et financiers. "Premier ministre" du CNT, il en est surtout son diplomate en chef, plus souvent basé à Doha, au Qatar, qu'à Benghazi. Les islamistes libyens, qui le voient comme "l'homme de l'étranger", craignent qu'il ne promeuve une Constitution laïque.

ALI TARHOUNI, "MONSIEUR PÉTROLE"

Agé de 60 ans, ex-professeur d'économie à l'université de Seattle, aux Etats-Unis, Ali Tarhouni détient les portefeuilles des finances et du pétrole, au sein du Conseil national de transition (CNT). C'est à lui qu'incombe la tâche de gérer le budget de la rébellion, évalué à 3,6 milliards de dinars libyens mensuels (2 milliards d'euros) et de relancer la rente pétrolière. En avril, il avait stupéfié ses collègues en rejoignant par bateau la ville de Misrata, alors assiégée, afin d'apporter de l'argent aux insurgés. C'est lui qui a officialisé le transfert du CNT de Benghazi à Tripoli. Une revanche pour cet opposant de longue date, que le régime Kadhafi avait condamné à mort in absentia.

KHALIFA HIFTER, L'AMBITIEUX MILITAIRE

Dans la nébuleuse militaire rebelle, il est l'un de ceux avec lesquels il faudra compter. A son retour à Benghazi, au mois de mars, après vingt-quatre ans d'exil aux Etats-Unis, Khalifa Hifter a été acclamé par les jeunes insurgés. Pendant quelques semaines, il fut même le chef des forces rebelles, avant de s'effacer devant Abdel Fattah Younès, un officier assassiné en juillet. Dans les années 1980, il avait participé à la guerre contre le Tchad, comme commandant de l'armée du colonel Kadhafi. Défait, il avait rejoint les rangs de l'opposition et était parti s'installer outre-Atlantique, d'où il aurait piloté, pour le compte de la CIA, des opérations de déstabilisation du régime Kadhafi.

ABDEL HAFEZ GHOGA, LA VOIX DES OPPRIMÉS

Il visait initialement la direction du Conseil national de transition (CNT). En concurrence avec Moustapha Abdeljalil, Abdel Hafez Ghoga s'est contenté d'un poste de vice-président et de porte-parole. Avocat de formation, il s'est fait connaître dans les années 1990 en prenant la défense des familles de détenus de la prison d'Abou Salim, le cachot préféré du régime. Elu à la tête du barreau dix ans plus tard, il bataille pour améliorer le statut de sa profession et noue des relations avec des organisations de défense des droits de l'homme à l'étranger. Son credo ? "Faire de la Libye un pays où la loi aura le premier et le dernier mot."

Benjamin Barthe et Laure Stephan (Benghazi, envoyée spéciale) ”

Est-ce que cette politique des impérialistes a une chance de réussite au moyen-Orient ?

            À l’heure actuel, plusieurs éléments originaires des différents pays du moyen-Orient comme les quatre mercenaires libyens cités ci-dessus, sont en train d’apprendre les leçons de « la démocratie et des droits de l’homme » afin d’être parachuté dans leur pays au moment opportun. Actuellement, des centaines de sites Web, de radios et de télévisions sont créés par les pays impérialistes pour Iran. En apparence, ces médias sont gérés par les opposants au régime iranien, mais il faut préciser, bien que certains de ces éléments sont des opposants au régime iranien, mais la majeure partie de ces institutions « humanitaires » et ces organisations « d’opposition » sont gérées par les services des renseignements occidentaux.

            En Iran, la vraie opposition doit subir la torture, l’emprisonnement et l’exécution et, à l’étranger, elle doit affronter le contrôle sévère et le blocage de ses activités pour des raisons infondées par les pays occidentaux. Suite à cette politique des pays occidentaux et de leurs complicités passives, au cours des dernières années, quelques membres actifs de l’opposition iranienne ont été tués par les mercenaires du régime de la république islamique d’Iran. Et les assassins ont pu quitter le pays où ils ont commis le crime sans difficulté. Et si par hasard, certains de ces assassins ont été arrêtés, après un certain temps, suite à la conclusion des contrats économiques et commerciaux avantageux avec le régime iranien, ils ont été extradés vers l’Iran.

Deux poids, deux mesures dans la politique « humanitaire » des pays occidentaux

            Il faut comparer la situation de l’Arabie Saoudite et du Bahreïn avec la Libye pour comprendre qu’il y a deux poids, deux mesures dans la politique « humanitaire » des occidentaux. En Arabie Saoudite quand le peuple s’est soulevé, le Roi en faisant référence au Coran a sorti un décret religieux « fatwa » en précisant que suite à l’ordre du Dieu, toute sorte de grève est considérée comme un péché et si quelqu’un descend dans la rue, il sera égorgé sur la place publique. Et ainsi, il interdit toutes sortes de protestations publiques. Dans le cas de l’Arabie Saoudite, les intérêts économiques des occidentaux exigent le respect de la fatwa du Roi. Ainsi, ils ne disent rien à propos du soulèvement populaire dans ce pays ; et surtout dans un moment où le Roi d’Arabie vient de signer le projet d’embellissement de La Mecque avec les occidentaux pour une valeur de 300 milliards US dollars.

            Au Bahreïn, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis d’Amérique ont des intérêts vitaux. Tous changements à Bahreïn peuvent avoir des conséquences directes sur la population chiite en Arabie Saoudite et peuvent poser des problèmes pour le Roi. Des problèmes que le Roi ne pourra en aucun cas résoudre avec des fatwas et des citations du Coran. Ainsi la privation des droits sociaux du 70% de la population qui sont des chiites n’est pas importante. L’importance est le respect et la garantie des intérêts économiques des occidentaux dans ce pays. La politique de deux poids, deux mesures des impérialistes n’est pas celle d’aujourd’hui. Elle en a été toujours ainsi. Dans le passé, quand Saddam Hussein a attaqué le Kuwait, les impérialistes sont intervenus directement en Irak. Mais aujourd’hui, quand l’armée saoudienne occupe le Bahreïn, cette occupation passe inaperçue. Comme si pour les impérialistes, la question des Droits de l’Homme en Arabie Saoudite et au Bahreïn n’a pas le même sens qu’en Libye, en Egypte et en Tunisie. Et évidemment, ils ne voient aucun crime commis en Arabie Saoudite et Au Bahreïn.

            Depuis quelques mois, en Syrie, la population lutte héroïquement contre le régime de Bachar El Assad. Jusqu’à ce jour, les défenseurs des « Droits de l’Homme » n’accordent pas beaucoup d’attention pour ce soulèvement populaire. Les occidentaux attendent toujours le feu vert de leurs partenaires russes et chinois afin d’envoyer des avions de l’OTAN pour instaurer la « démocratie » dans ce pays. En attendant, Bachar El Assad continue à massacrer sa population.

Les conséquences de la chute du régime de Kadhafi dans la région

            L’OMC et le FMI soutiennent la politique de la privatisation de l’économie. Et aujourd’hui, la vraie stratégie des Américains et des Européens est de libérer l’exploitation du pétrole du contrôle des états producteurs. Confier la production du pétrole et surtout au moyen-Orient au secteur privé est un des buts des Américains et de leurs alliées. Une politique qui a déjà montré ses faiblesses. Après la chute du régime de Saddam Hussein en Irak, l’Amérique a tenté de confier l’exploitation du pétrole au secteur privé. Cette tentative était un échec. Au Kuwait aussi, cette politique n’a pas eu de succès.

            Bien que les principaux buts des Américains et de leurs alliés dans le pillage du pétrole libyen soient déjà réalisés, mais cette politique ne peut pas durer à long terme. Par exemple, après avoir réconcilié avec les impérialistes, le colonel Kadhafi a détruit son four atomique et il a envoyé par avion tous les documents concernant la technologie nucléaire aux Etats-Unis. Et une fois que les Américains ont été certains que la Libye ne possède plus de l’arme de destruction massive, alors le copain d’hier est devenu l’ennemi d’aujourd’hui. Et ainsi l’OTAN a mis à son ordre du jour le bombardement de Libye et l’assassinat de Kadhafi. Dans ces circonstances, il est évident que les dirigeants des régimes dictatoriaux religieux comme la république islamique d’Iran, au lieu de céder face aux impérialistes, penseront plus à leur avenir en s’armant de plus en plus.

            Cette politique des occidentaux portera des coups sévères aux forces de l’opposition et les peuples opprimés de l’Iran. Sous prétexte de « la lutte anti-impérialiste » le régime islamique intimidera et mobilisera une partie de la population. Si, au lieu de former des espions et de bombarder la population, l’occident changeait sa politique, abandonnait ses ingérences et enfin il laissait les forces de l’opposition libre, dans ce cas les dictateurs seraient renversés par la population. Et ainsi, la démocratie sera instaurée dans ces pays. Bien que cette politique ne plaise pas au FMI et aux grands capitalistes, mais il faut préciser qu’elle sera dans l’intérêt de l’humanité progressiste. Au lieu d’ingérence et de retour à la politique de colonialisme ancienne, l’occident doit adopter une politique progressiste pour résoudre ses problèmes.

            Malgré toutes les prétentions de l’Occident, jusqu’aujourd’hui, toutes leurs manœuvres dans les pays dictatoriaux ont abouti à l’affaiblissement des mouvements de la libération et au renforcement des forces réactionnaires et violentes. Par exemple, actuellement, le régime de la république islamique d’Iran réprime tous mouvements de protestation en l’accusant d’être l’élément des Etats-Unis d’Amérique ou la cinquième colonne de l’ennemi. Ce régime ne reconnaît aucun droit démocratique pour les travailleurs iraniens. Les masses opprimées iraniennes comme les paysans, les étudiants, les enseignants, les employers, les femmes et tous les peuples opprimés sont privés des droits sociaux. Dans les circonstances actuelles, seule la population iranienne peut instaurer un régime démocratique à la place de système dictatorial. Ce n’est pas les bombardements de l’OTAN qui peuvent instaurer la démocratie en Iran. Le problème des peuples opprimés de l’Iran n’est pas l’assassinat des types comme Khameney ou d’Ahmadi-nejad. Il faut que l’actuel système dictatorial soit complètement anéanti et dans l’Iran démocratique de demain, toutes les couches de la société peuvent assumer leurs responsabilités.


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