28.01.2014


A l’attention de M. Régis Debray

Ces derniers temps, le quotidien français « Le Monde » a édité votre article intitulé : « Iran, Impression de voyage ». (LE MONDE | 24.01.2014)

A ce propos, je voudrais souligner les points suivants :                          

Vous prétendez : « un bref séjour à Téhéran et à Qom, suffit à basculer des préjuges paresseux dont je n’étais pas exempt en partant », … « qu’il y a plus d’abonnés à Internet en Iran qu’en Turquie. Et plus d’étudiantes diplômées que d’étudiants ». Avec ces propos, vous « blanchissez » le régime de la République Islamique d’Iran (RII) et en condamnant la politique de votre pays durant la guerre Iran-Irak, vous acquittez le régime de la RII.

Dans la présente, je ne vais pas citer tous vos propos partisans en faveur du régime iranien, mais j’aimerais malgré tout citer votre synthèse de fin : « Historien des religions, notoirement inexpert en politique, je n’ai rien d’un iranologue. De succinctes impressions ne tiennent pas lieu d’analyse ».

M. Debray,

Il est certain que toute personne consciente ne considére pas vos propos comme les propos d’un historien. Mais par contre, à l’encontre de vos prétentions, vous êtes déjà dans la politique et vous savez bien qui vous êtes en train de blanchir. En plus, vos précédentes activités démontrent que vous êtes plus un politicien qu’un historien. Quand vous étiez jeune, vous avez rédigé le livre : « Révolution dans la Révolution : La lutte armée et lutte politique en Amérique Latine ». A l’époque, dans différents pays comme Iran, ce livre passait de main en main chez les jeunes révolutionnaires, qui s’inspiraient de vos écrits (dans les années septante, personnellement, j’ai lu plusieurs fois votre livre). Ensuite, vous avez voyagé en Amérique Latine et vous vous êtes rangé à côté du Camarade Che. Quand François Mitterrand a été élu président de la république Française, il vous a nommé comme conseillers. Etc., Etc. Ainsi, aujourd’hui, vous ne défendez pas le régime iranien en tant qu’historien mais en tant que politicien. Vous défendez un régime cruel et barbare.

M. Régis Debray,

En tant qu’historien, politicien, révisionniste convaincu ou même voyageur, comment pouvez vous vous permettre de couvrir des vérités impossibles à ignorer sur le régime de la RII.

Ce régime a été condamné plus de 56 fois pour violation des Droits de l’Homme par la commission des Droits de l’Homme de l’ONU.

Depuis son arrivée au pouvoir, ce régime a exécuté plus d’une centaine de milliers d’opposants dans différentes régions du pays et a instauré un système dictatorial-religieux.

D’après les documents existants, au mois de septembre 1988, sur l’ordre direct de l’ayatollah Khomeiny, en moins d’une semaine, une équipe de trois personnes, a organisé l’exécution de plus de 10 mille prisonniers politiques. Si vous avez des doutes sur l’idéologie réactionnaire et obscurantiste de ce régime, vous pouvez consulter les archives du ministère de la Justice de votre pays sur les actes du régime de la RII.

Jusqu’à ce jour, ce régime a assassiné 9 dirigeants de l’opposition iranienne sur le territoire française et à chaque fois les assassins arrêtés ont été acquittés et relâchés par la justice française suite à la signature de contrats économiques avantageux avec le régime iranien. En tant qu’  « historien » ou « politicien », êtes-vous au courant de ces vérités ?

Le récit des crimes du régime de la RII est tellement long qu’il est impossible d’en citer un minimum dans la présente. A ce propos, sur le Net, vous trouverez suffisamment de documents et de rapports. Il suffit que vous vous donniez la peine d’en chercher.

M. Debray,

Dans les circonstances actuelles, la raison de votre présence en Iran est très évidente. Depuis quelques semaines, les responsables des compagnies de constructeurs d’automobiles françaises trainent dans les hôtels de Téhéran sans réussir à obtenir des nouveaux contrats avec le régime iranien. Il est certain que faire la concurrence avec les constructeurs d’automobiles allemandes comme Mercedes Benz ou Audi n’est pas facile et convaincre les iraniens de choisir Renault ou Peugeot au lieu des marques allemandes avec une technologie beaucoup plus avancée est encore plus difficile. Mais dans le passé, afin d’obtenir des contrats, les français offraient toujours un cadeau en plus au régime iranien. Dans le passé, quand les dirigeants de l’opposition iranienne étaient assassinés par les mercenaires criminels de la RI, des éléments comme Roger Garaudy essayaient de blanchir le régime iranien et la femme de l’ambassadeur français à Téhéran portait la voile islamique pour distribuer des prix aux écrivains du quotidien ultra-conservateur Keyhan. Et aujourd’hui, c’est votre tour de donner un coup de pouce pour accélérer le processus de signature des contrats avec le régime iranien. Ainsi, on vous a envoyé à Téhéran et à Qom afin de remplir cette basse mission. C’est la loi du commerce, et les dirigeants iraniens connaissent bien la faiblesse et l’infériorité de la technologie française face aux constructeurs allemands, japonais et autres. Les ayatollahs au pouvoir en Iran sont violents, criminels et réactionnaires mais il ne faut pas les prendre pour des imbéciles. Ils savent distinguer entre « l’abricot et la perle ».

M. Debray,

J’ai une autre question à vous poser. Vous étiez un des accompagnateurs du Camarade Ernesto Che Guevara. Et dans le mouvement de guérilla en Bolivie, vous vous trouviez à côté de lui.

Un des avocats qui étaient chargés par le gouvernement français d’étudier le dossier de votre arrestation en Bolivie, m’a dit un jour :

« J’avais RV avec un des généraux boliviens. A l’époque, il était le commandant militaire de la région où le Che a été arrêté. Il avait participé à l’opération d’arrestation du Che. Il avait aussi rencontré Régis Debray lors de son arrestation. Quand j’ai commencé à étudier le dossier, j’ai demandé au général, comment ils avaient arrêté le français. Avec un sourire ironique, il m’a répondu : Nous avons d’abord arrêté le jeune Français, mince et maigre. J’ai personnellement fait son interrogatoire. Je lui ai dit que s’il ne disait pas la vérité et s’il ne nous montrait pas le lieu où ses amis se cachaient, j’ordonnerais de t’exécuter sans procès et le plus vite possible. Le Français qui tremblait de peur, a promis de collaborer. Ainsi, il nous a indiqué l’endroit où se trouvait le Che et ses compagnons. Et ainsi, nous avons pu arrêter le Che ».

M. Régis Debray,

Aujourd’hui, après des décennies, en tant qu’ « historien », guérillero ou politicien, vous n’avez pas encore dit la vérité sur ces événements. Depuis un certain temps, j’avais l’intention de vous écrire pour vous poser ces questions. Mais votre soutien exagéré au régime de la RII m’a encouragé à publier la présente. Votre déclaration favorable au régime réactionnaire prouve votre manque d’honnête. Et votre SILENCE sur les évènements tragiques qui ont abouti à l’arrestation et à l’exécution du Che est une autre histoire dont on doit obtenir les détails par la bouche des généraux de la dictature bolivienne ou au milieu d’écrits de la bourgeoisie. Je vous propose qu’au lieu de sympathiser avec le régime de la RII et au lieu d’essayer de la blanchir, vous nous donniez des détails sur la période de votre emprisonnement en Bolivie. Le régime de la RII a suffisamment de puissants soutiens. Des soutiens comme le présidents Américains Barak Obama, la confédération nationale du patronat français et le patronat des autres pays européens, des responsables de la conférence de Davos, les médias occidentaux comme le CNN, la BBC, Euronews, et d’autres encore. Soyez certain, personne ne croit à vos propos sur le régime de la RII. S’il vous reste encore un minimum de courage, dites la vérité sur le régime de la RII, sur les évènements en Bolivie etc... Dites la vérité et rien que la vérité.

M. Debray,

Le chemin que vous avez prix en direction de Téhéran et de Qom, a été auparavant emprunté par Roger Garaudy (converti à l’islam et ex-membre du comité central de PCF). Ces voyages ne vous apportent ni notoriété ni honneur. Prenez de leçon du cas de Roger Garaudy. Soyez certain que lors de votre prochain voyage, on vous accompagnera au lieu de résidence du Guide Suprême Ali Khameney, pour qu’à votre retour, vous écriviez sur sa « gentillesse » et sur sa « miséricorde islamique ». Vous pouviez avoir un destin plus honorable, mais apparemment vous n’êtes pas engagé sur cette voie. Ecrire sur la révolution, votre prétention de participer dans la lutte pour la libération des peuples de l’Amérique Latine en ayant l’honneur d’être pendant une petite période à côté du camarade Che Guevara, et à la fin, vous allez à Qom pour « fayoter » les ayatollahs iraniens !!? Vous trompez de route ou … !?

Je joins à la présente quelques photos sur les différents épisodes de votre vie.

Hossein Zohary (Bahram)

Porte-parole de l’Organisation des Guérilleros Fédaïs du Peuple d’Iran - OGFPI

28 janvier 2014

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